Pour cette première édition du palmarès des peines cruelles et inusitées, telles que prohibées par la Charte canadienne, j’ai ratissé l’ouvrage Introduction historique au droit romain, au droit français et au droit anglais de Morin (Éditons Thémis, 2004). On y trouve quelques perles, que je partage ici :
Le supplice du sac. Dans la Rome antique, il s’agit d’une peine appliquée seulement en cas de parricide. Il s’agit de « fouetter le condamné jusqu’à effusion de sang, à le placer dans un sac fermé avec un chien, un singe, un coq et une vipère, puis à les jeter à l’eau, afin d’empêcher l’âme du condamné de revenir sur terre. » (p. 31) Étrange pratique, mais qui ne rivalise pas tant en cruauté avec d’autres méthodes que l’on connaît à l’Antiquité, telles que l’empalement ou la crucifixion.
La peine pour tentative de meurtre du souverain français. À la renaissance, le prévenu qui aura eu l’audace de s’essayer à assassiner le monarque se fait payer toute une traite. Celui-ci a droit à un châtiment all dressed : « il doit d’abord faire amende honorable ; le bourreau lui coupe ensuite le poing, verse dans ses entrailles du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix résine, de la cire et du souffre fondu ; il doit être écartelé par des chevaux qui tirent chacun de ses quatre membres, lesquels sont ensuite brûlés ; ses biens sont confisqués, sa maison est rasée avec défense d’y construire un autre bâtiment ; ses père, mère et enfants sont bannis à perpétuité du royaume et ses autres parents doivent changer de nom. » (p. 185)
Le supplice de la roue. À la même époque, on réserve aux bandits de grand chemin le supplice de la roue, dans lequel « le condamné est attaché à un support en forme de x, puis le bourreau lui brise les membres à coups de barre de fer. Il est alors entouré autour d’une roue de manière à ce que ses pieds soient remontés derrière lui et touchent sa tête. » (p.185) J’ai déjà lu un article rapportant sensiblement la même chose sur wikipédia, c’est donc rien de nouveau sur l’internet. À noter que selon mon souvenir, cet article précisait que l’individu était toujours bel et bien vivant lorsqu’on l’installait sur la roue, qui servait toujours à l’usage d’un véhicule quelconque, et qu’on entendait ainsi gémir le condamné plusieurs jours durant, au gré des balades du chariot. Et quand c’est écrit sur l’internet, c’est vrai.
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